Virginie et Jérôme L'enfer des camps
Audrey et Claire Pourquoi ?
Aurélien et Amandine Aucun mots ...
Marie Des mots ...

Marion Un convoi
Sophie et virginie En allant sur place ...
Fanny et Francis Le chemin de la mort
Guillaume et Mickaël Rails et mur

Cyril 2 mondes, ...1 numéro
Alexandre et Amélie De la souffrance à la mort
Elodie, Maéva et Cécile "le travail vous ..."
Hugo et Sylvain Des lieus chargés d'histoire

Raphaël et Isis Un lieu
Julien et Mathias Porte et mur
Laurie et Sandy Retrouvailles avec les victimes
Sophie et Pierre Retranscrire ce message


« Alors, Auschwitz, c’était comment ? »

 

On a voulu récapituler les résonances du mot « Auschwitz » car pour beaucoup d’entre nous, il n’avait pas tout à fait le même sens. A chaque fois que l’un de nous s’exprimait, cela ouvrait des pistes nouvelles sans diminuer la valeur des précédentes.

Et tant de mots pour qualifier le régime de terreur :

« Auschwitz, La Tour de Babel nazie »
« Auschwitz, la Shoah et l’Holocauste»
« Auschwitz, l’Empire du Mal »
« Auschwitz, l’Atlantide, L’Apocalypse, Le Chaos ,...»

Ce n’est plus seulement pour nous l’issue, les faits du livre d’histoire mais le quotidien des victimes. Comment vivaient-ils ? Comment travaillaient-ils ? Comment la terreur était-elle organisée à l’intérieur du camp ?

Auschwitz symbolise la destruction totale de l’homme, la faillite des démocraties incapables de réagir, et plus encore la faillite de la civilisation occidentale et de la culture avec toute la négation des différences (cheveux, vêtements, féminité etc.)
« Le sauna » est terrible parce que l’on voit commencer le processus de la transformation de l’homme libre en un numéro.

C’est la conjonction de facteurs très complexes et pas d’un seul homme :

- la haine de la démocratie

- le sentiment de frustration d’un peuple humilié après la 1ère guerre mondiale.

- la haine du marxisme

- la haine des juifs et pas seulement en Allemagne

- le rêve d’une société encadrée, heureuse, « un paradis » comme les officiers résidents du camp l’affirmaient :

- l’idée que le peuple allemand est supérieur aux autres, avec la notion de pseudo race
- la conquête de nouvelles terres pour les colons allemands : l’espace vital passe par Auschwitz « Nous voulons par contre veiller à ce que l’est soit peuplé de gens de pur sang allemand, germanique » Himmler.
- la Pologne sera dépeuplée et repeuplée par les allemands. On a pu voir grâce au camp combien elle a souffert : dix villages rasés pour Birkenau, la régime de terreur.

Auschwitz est un espace immense, organisée comme une ville, une utopie négative des temps modernes :

191 hectares dont 171 ha à Birkenau
une gare de triage
une ferme et des extensions tout autour : réseau d’usines, d’industries chimiques et plastiques,
« Le domaine des Affaires du camp de concentration d’Auschwitz » :
un lieu où le pillage était institutionnalisé, avec le triage des biens des victimes dans l’entrepôt
« Canada », lieu de la piraterie la plus criminelle du monde. Convoitise, jalousie, bassesse.

Auschwitz, c’est peu de chose !
Des ruines de chambres à gaz, des restes de baraquements, des cheminées vestiges.
L’horreur n’est pas là. L’horreur est dans le discours et les témoignages de la tragédie : lieux de révolte et de tortures, lieux d’expériences médicales et de stérilisation forcées, lieux d’extermination.
Certains d’entre nous n’ont pas pu marcher sur les sites précis de la mort collective, n’ont pas pu toucher les restes de rambardes, les lits. Trop dur ; chair de poule, silence.

Auschwitz est désormais un lieu de mémoire, avec l’évocation de la réalité de ces millions de disparus, les valises, les photos, le département français avec tout l’itinéraire des enfants. Un centre de documentation exceptionnelle.

Petit texte libre poétique dédié à nos accompagnateurs et à mes élèves

Comme une chanson enfantine
« La petite prairie aux bouleaux »
Délicieuse promesse de comptines,
Le temps passé près du ruisseau

…Sauf qu’il s’agit de la sinueuse Vistule,
En son sein, monstrueuse tumeur, des crimes pullulent
De quel côté les cris ? De quel côté les oiseaux ?

« La petite prairie aux bouleaux » aujourd’hui,
Ce sont des survivants qui témoignent,
Ce sont des cinéastes contre l’amnésie.

Les ombres du passé nous rejoignent
Comme un bruissant écho

Echo de votre souffrance
Echo de votre mémoire endolorie
Petites filles évanescentes
Energie des adolescences
Grands-mères affaiblies
Dont le regard insistant nous transperce

Nos yeux rencontrent vos images
Nos mains frôlent vos taudis
Vos cendres se dispersent
Nos âmes disent « plus jamais »
Et même ici « Quel bel été ! »

Et nos pas dans vos pas de vous le douloureux écho

A Birkenau

Nadine Brunel, Juin 2005.

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